01/08/2011

Les résumés des 28 communications

Voici les résumés des 28 communications, classés dans l'ordre : le premier chiffre est celui de la session, le second chiffrre est l'ordre de passage durant la session.

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1.1

  • « Bayonne au temps du séjour de Cam de Prat » par Josette Pontet, Université de Bordeaux 3

 

Jean Duvergier de Hauranne reçoit en 1612 son ami Corneille Jansen, à Bayonne, sa ville natale. Une ville qui connaît depuis les dernières années du siècle précédent un bel essor  économique et démographique. Il se traduit par l’enrichissement d’une bourgeoisie marchande puissante, nouant des alliances matrimoniales solides dans son milieu et avec les élites urbaines nobiliaires ou du savoir. Le cas de la famille de Jean Duvergier est de ce point de vue exemplaire : c’est une famille anciennement installée qui compte dans la ville  et les deux amis, l’un en tant que chanoine de la cathédrale, l’autre en tant que principal du collège y trouvent un environnement favorable à leur épanouissement.

Une ville qui, pour être un port  et une ville commerciale, n’en est pas moins une ville forte à proximité de la frontière, une ville qui vit en permanence dans la crainte de son voisin espagnol, du complot, et d’une façon plus générale dans la crainte de l’autre : les juifs  mais aussi les morisques chassés d’Espagne en ces années 1610. On ne voit en eux  que de possibles espions, les jésuites n’échappant pas à cette assimilation, qui s’ajoute à leurs autres «  tares », aux yeux au moins d’une partie de la population.  En 1612, le risque de guerre paraît  cependant s’éloigner avec la mort d’Henri IV et la politique de la Régence, la diplomatie étant à l’œuvre pour mettre en place une union dynastique entre la France et l’Espagne. Celle-ci se concrétise en 1615 et Bayonne reçoit alors  les deux princesses, Elisabeth de France et l’infante d’Espagne, Anne d’Autriche, Un événement qui a pu influer sur les choix de Jean Duvergier de Hauranne  en faveur de la paix avec l’Espagne catholique. Un moment qui fut sans aucun doute un temps fort de la vie bayonnaise, ne serait-ce que par l’installation des Capucins qui l’accompagna.

Pour autant, Bayonne apparaît-elle comme un bastion de la Réforme catholique, à l’instar de sa grande voisine Bordeaux ? Depuis le tournant du siècle, elle a un nouvel évêque Mgr d’Etchauz, issu de la noblesse navarraise  homme du roi, diplomate autant que pasteur, protecteur de Jean Duvergier, qui s’efforce de remettre de l’ordre dans son diocèse, mais qui n’est pas un grand réformateur comme peut l’être un François de Sourdis à Bordeaux. Les élites bayonnaises, sans doute gagnées aux idées nouvelles de la Réforme catholique,  mais arguant d’un espace urbain réduit, n’ont pas été  très enclines à accueillir les nombreuses congrégations qui fleurissent alors, sans parler des jésuites : à l’exception des Capucins, seules les Visitandines trouveront droit de cité en 1640.

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1.2

  • « La retraite de Camp de Prat (1612-1617) : entre histoire et mémoire » par Thierry Issartel, Université de Pau et des Pays de l’Adour, EPHE Paris.

 

Le séjour de Cam de Prat (1611-1617) est un événement historique attesté par de multiples documents, mais il s’agit aussi très tôt d’un événement mémoriel, indissociable de la polémique suscité par le jansénisme. La communication s’efforce de revenir  sur le contexte local très particulier durant lequel  s’est déroulé le séjour de Jansénius et de Jean Duvergier de Hauranne. Peut-on parler de « retraite » ? L’implication dans la vie sociale et religieuse Bayonnaise des deux amis, la situation de Cam de Prat qui est tout sauf une « solitude », permettent d’en douter. Même si les intenses lectures théologiques ne font guère de doute, elles s’inscrivent encore dans une méthode très scolastique et ne se focalisent nullement sur la question de la grâce et sur les écrits de Saint-Augustin. Si J. Orcibal a eu raison de mettre en doute les affirmations d’Arnauld faisant de Cam de Prat le lieu d’une révélation et le point de départ du jansénisme, il faut néanmoins se poser la question de la fonction de ce topos dans la littérature janséniste mais aussi dans les libelles jésuites. Cam de Prat a préfiguré, à sa manière, le phénomène des « solitaires » de Port-Royal  apparu en 1638 et représenté une forme de caution. Ce séjour et la supposée révélation augustinienne qui y serait survenue a également permis à Antoine Arnauld de faire un lien direct entre Jansénius et Port-Royal, une stratégie conforme à la fidélité de Saint-Cyran envers son ami, mais qui liait indéfectiblement le sort de Port-Royal aux aléas de la querelle autour de l’Augustinus. On se posera aussi la question de la mémoire bayonnaise de l’événement en montrant qu’avec l’effacement des Duvergier et les querelles jansénistes du XVIIIe siècle, la retraite de Cam de Prat est devenue un événement condamné ou occulté jusqu’à la publication du livre de José de Arteche en 1958 traduit en français en 1963.                                                                                                  

Mots clés : Bayonne, Cam de Prat, Pierre de Lancre, sorcellerie, judaïsme, Lancelot, Arnauld.

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1.3

·         « L'énigmatique Silvain Pouvreau, secrétaire de Saint-Cyran et curé de Bidart » par Etienne Rousseau-Plotto, historien et théologien.


Silvain Pouvreau, un Berrichon né près de l’abbaye de Saint-Cyran au début du XVIIe siècle et mort après 1665,  a connu un destin peu banal auprès de diverses personnalités ecclésiastiques liées au Jansénisme primitif. Il est resté très présent dans la mémoire culturelle basque comme premier traducteur en euskara de textes de spiritualité aussi importants que l’Introduction à la vie dévote ou l’Imitation de Jésus-Christ. Doué pour les langues donc, il avait acquis une érudition considérable comme scribe de Duvergier de Hauranne, mais fut réprouvé par celui-ci lorsqu’il voulut s’engager dans la prêtrise. Protégé de Bourdoise, Vincent-de-Paul et François Fouquet, évêque de Bayonne, il devint curé de l’opulente paroisse de Bidart entre 1640 et 1644. Sa personnalité énigmatique a suscité de nombreuses recherches historiques à partir de la fin du XIXe siècle, et ces travaux sont en eux-mêmes riches d’enseignements sur les controverses anciennes et récentes suscitées par les jansénistes, et sur l’intérêt pour les textes édités en basque à l’époque moderne.

Mots-clés :

Pouvreau, Bidart, Saint-Cyran-en-Brenne, Duvergier de Hauranne, Bayonne, François Fouquet, Lancelot, traductions, langue basque, prêtrise, littérature de dévotion.

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1.4

  • « Figures du clergé du diocèse  de Bayonne entre jansénisme et nouvelle piété : le grand  changement de doctrine et d'attitudes  au XIXème siècle » par Marc Agostino, Université de Bordeaux 3


Le diocèse de Bayonne, haut lieu du jansénisme naissant, conserve longtemps la réputation de terre janséniste dans la mémoire collective. Cela concerne surtout la partie basque, puisque le diocèse a été largement agrandi au début du  XIXème siècle, même si l’on revient sous la Restauration aux limites actuelles. Le terme janséniste est-il prononcé à bon escient ? La nouvelle piété du XIXème siècle s’appuie sur une religion plus miséricordieuse, plus romaine, avec une pratique différente de la confession  et de la communion. Il ne faut pas voir une transformation spectaculaire des mentalités qui évoluent lentement mais un réel changement de regard .Elle est souvent caractérisée comme anti janséniste….et antigallicane.

Le diocèse de Bayonne a été très marqué au XVIIIème siècle par un héritage janséniste dû à un évêque et aux Doctrinaires auxquels est confié le séminaire. À la fin du siècle, on note une véritable évolution au séminaire, mais des attitudes et des pratiques confessionnelles, attribuées au jansénisme persistent et traversent la Révolution. Ne s’agit- il pas d’un rigorisme hérité de formations sévères, coïncidant avec le tempérament d’un clergé basque austère ? D’autres courants que le jansénisme l’ont-ils favorisé ? Au XIXème siècle, un courant nouveau s’instaure concernant la dévotion et surtout la confession. Ce fut  un courant général d’Église, mais il revêt à Bayonne des couleurs particulières dues à la singularité de ce diocèse, très ancré dans le rigorisme que l’on continue à assimiler  au jansénisme encore de nos jours. De hautes figures ont agi avec détermination dans le sens d’une ouverture sacramentelle dont il faudra préciser les contours. De Notre Dame de Bétharram au refuge d’Anglet et à l’abbaye de Belloc, dans les séminaires et institutions, une nouvelle pratique s’instaure. Le péché et la confession, l’Eucharistie, le rapport à Dieu, toute l’économie sacramentelle sont impliqués dans cette démarche longue à s’instaurer dans ce diocèse, redevable à de grandes personnalités de haute spiritualité.

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2.1

  • « Saint-Cyran, vu par José de Arteche » par Juan Maria Urkia EtxabeUniversidad del País Vasco Donostia (Espagne)

Il s’agira tout d’abord de rappeler la vie et l’œuvre de José de Arteche (Azpeitia, 1906-San Sebastián, 1971) écrivain basque, qui fait aujourd’hui l’objet d’une réévaluation. Puis nous nous pencherons sur son livre consacré à l’abbé de Saint-Cyran, ses diverses éditions et sa démarche psycho-bibliographique. De Arteche voit en Saint-Cyran un prototype de psychologie basque qui lui permet de définir une essence du basquisme. Cela nous amènera à aborder la question de la religion basque et celle de l’influence du Jansénisme. José de Arteche ne fut pas le seul écrivain espagnol fasciné par le Jansénisme, ce fut aussi le cas de son aîné Miguel de Unamuno (29 septembre 1864 à Bilbao - 31 décembre 1936 à Salamanque), autre basquisant. Au-delà de la personnalité de Saint-Cyran et de ses orientations religieuse, c’était aussi un intérêt pour la politique et la religion au temps du Saint-Cyran à une époque où les relations entre celles-ci devenaient problématiques en Espagne.

Mots clés : St. Cyran, prototype basque, psychologie basque, religion basque, société et religion, Unamuno.

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